Le réchauffement climatique menace les lacs d’Afrique

, par  KAPALAY KABEMBA Jean-Pierre

Le phénomène du changement climatique devient de plus en plus un véritable casse-tête pour les habitants de la planète terre, plus les années passent plus les conditions naturelles se dégradent : chaleur excessive, inondations, vents violents, sécheresses (et j’en passe…) se produisent par endroit avec une fréquence régulière. Les récentes inondations dans le monde (Belgique, Chine, Allemagne, R.D.Congo), les incendies aux USA, Australie, Europe, des fortes chaleurs en Afrique en sont les preuves éloquentes. Les impacts négatifs sur les cours d’eau ne sont plus à démontrer.
Ici nous sommes à la croisée des chemins entre deux opinions : la première explique ces phénomènes comme des signes du temps tels que décrit dans les saintes écritures dans Mathieu 24 : 1-7, car, estime-t-elle, l’homme vivait en parfait équilibre avec la nature ; tout était à sa place et stable. L’attitude orthodoxe de l’homme vis-à-vis de la nature aurait permis à ce dernier de dompter la nature pendant plusieurs années ; les pluies tombaient selon la saison, les eaux des lacs, rivières, fleuves et océans gardaient des quantités de poissons ; les gibiers, les chenilles, champignons, oiseaux étaient toujours présents dans nos forêts et savanes etc.
Par contre une deuxième opinion, scientifique celle-là, estime que tout ce dérèglement de la nature est le fruit de l’activité humaine, l’homme, pourtant l’animal le plus intelligent de toutes les créatures, a tout chamboulé pour sa survie, ou délibérément pour des motifs égoïstes.

Le Slow Food Tanganyika, avec son œil d’aigle, ne cesse d’alerter l’opinion locale, nationale, sous régionale et internationale sur les risques que tous ces effets apportent à ces ressources naturelles que fournit le lac Tanganyika avec ses affluents, un patrimoine commun pour 4 pays africains (la R.D.du Congo, le Burundi, la Tanzanie et la Zambie) dont la mauvaise gestion peut mettre en danger la sécurité alimentaire de centaines de millions d’habitants qui n’auront plus accès à une nourriture bio, juste, bonne et propre obtenue grâce au travail laborieux des pêcheurs artisans du lac Tanganyika.
La baisse sensible de la capture des poissons, la disparition des nombreuses espèces, la décoloration des eaux du lac Tanganyika sont là des indices qui montrent clairement que le lac Tanganyika n’est plus à l’abri de ces bouleversements climatiques avec toutes leurs conséquences collatérales sur l’écosystème de ce grand lac.

L’heure est grave estiment Slow Food Tanganyika et ses partenaires l’ONG MEPA CONAPAC, le club UNESCO NTCHEKO, et tous les moyens sont désormais bons (Publication, atelier, conférence-débat, émission à la Radio etc…) pour persuader le grand public d’adopter un comportement responsable mais aussi ceux-là qui se complaisent encore à bazarder le peu qui nous reste encore de l’environnement de ce lac Tanganyika.
Où sont partis les OBAMA, le JOE BIDEN, ces hommes qui ont réussi à engager la grande nation du monde (USA) dans les accords de Paris en décaissant environ 1 milliard de dollars dans le trésor public américain pour le fonds vert ? Où sont les MACRON, les écolos de France qui, comme un seul homme se battent jour et nuit pour la survie de l’environnement en France et à travers le Monde ? Où sont les CARLO PETRINI, vaillant combattant de la Défense de la Biodiversité qui a consacré toute sa vie pour le bon, juste et propre ? Où sont les Félix TSHISEKEDI, EVE BAZAIBA MASUDI, les dirigeants qui ont compris que la R.D.Congo, sans son environnement ne sera pas le grand Congo envié par tous, un pays solution pour le monde entier comme l’a bien souligné Félix TSHISEKEDI à la COP26 ? Où sont les GUY LWANDO, le ministre de la Recherche scientifique, qui peut orienter les recherches vers le lac Tanganyika afin de réactualiser les données de cette oasis de paix ? Où sont les Dieudonné LUVUA, Slow Foodien qui a lancé une alerte après la pollution de la rivière Kasaï, à la base de la destruction totale de la biodiversité de ce grand affluent du fleuve Congo ? Où sont les Zoé KABILA, artisan du reboisement et du développement durable de l’entité verte du lac Tanganyika ? Où sont les Jean Marie KOALGA, cet homme qui se bat avec ses pairs Africains pour sauver ce que les autres veulent détruire en Afrique. Où sont ces hommes de bonne volonté qui peuvent négocier un plan Marshall pour le lac Tanganyika ?
Bien que malades, les eaux de l’Afrique en général et du lac Tanganyika en particulier gardent encore toutes leurs potentialités pour soutenir une économie de pêche résiliente et nourrir convenablement la population, celle du Congo et au-delà, à condition que son peuple, ses pêcheurs et ses dirigeants se situent à la hauteur des enjeux et relèvent le défi pour une économie de pêche durable.

KAPALAY KABEMBA

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