La montée des eaux marines et continentales menace
Depuis quelques années, l’humanité toute entière est confrontée à une montée des eaux des Océans, Mers, Lacs, Fleuves et Rivières.
Ce phénomène est tributaire des plusieurs facteurs dont le principal est le changement climatique.
Ce débordement d’eau s’accompagne d’un chapelet des malheurs qui frappe singulièrement les communautés de pêcheurs, de riverains et même les consommateurs qui subissent de plein fouet les effets de cette calamité.
L’Afrique est l’un des continents les plus frappés par cette montée des eaux. Les informations reçues des pêcheurs artisans du Sénégal, de la Gambie, du Burundi, de la Tanzanie, de la Zambie et ceux de l’intérieur de la république démocratique du Congo sont désastreuses ; des villages entiers des pêcheurs engloutis, des matériels de pêche emportés, les habitats de certaines espèces des poissons détruits etc …. Bref le tableau reste sombre.
Malgré ces désastres, la plupart des Etats Africains ne subventionnent pas ce secteur de la pêche, pourtant vital, qui contribue largement à la lutte contre l’insécurité alimentaire et à l’équilibre économique des Etats. Pourtant des efforts non négligeables sont consentis par certains Etats comme le SENEGAL, le MAROC, l’Afrique du SUD, la Namibie pour la promotion de la pêche et tout récemment par la R.D Congo avec l’acquisition de 7 bateaux de pêche. Il est évident avec cette acquisition des nouveaux bateaux de pêche que dans un futur proche, il y aura des retombées positives sur le quotidien des pêcheurs et tout ceux qui travaillent dans la filière pêche dans ces villages et villes de la République Démocratique du Congo. Cependant l’essentiel reste encore à faire pour le gouvernement congolais pour l’encadrement des pêcheurs artisans.
Le retour de la pluie et des pollutions
La saison des pluies s’annonce déjà ; depuis le mois d’octobre la partie orientale de la République Démocratique du Congo a connu les premières pluies.
Les paysans agriculteurs et même éleveurs en ont tellement besoin pour leurs champs et leur bétail. Mais pour les pêcheurs du Lac Tanganyika nous redoutons surtout que ce retour de la pluie ne vienne aggraver la destruction du tissu économique des pêcheurs déjà précaire. Une précarité causée par :
• La perturbation du calendrier de pêche, la diminution du pouvoir d’achat de la ménagère, la baisse vertigineuse de la capture des poissons, la rareté des produits de pêche, la multiplicité des taxes de services de l’état et bien d’autres causes.
• Elle est aussi accentuée le degré de pollution du Lac Tanganyika
• Des nombreux citoyens habitant les collines qui surplombent la ville de Kalemie, les riverains et autres habitants sans éducation profitent de la saison de pluie pour vider leurs fosses septiques et tous ces excréments sont drainés par les eaux de pluie dans le Lac Tanganyika ;
• Des tonnes des bouteilles en plastique jetées dans les caniveaux et qui jonchent toutes les rues de la ville de Kalemie terminent leur course dans le Lac Tanganyika pendant la saison de pluie ;
• La vallée de Rugumba, exploitée par environ 2000 maraîchers constitue aussi une source d’inquiétude pour la pêche et les pêcheurs du Lac Tanganyika. Ils produisent presque la totalité des légumes qui nourrissent la population de la ville de Kalemie. Cependant les pesticides utilisés par ces maraîchers pour lutter contre les rongeurs et autres parasites qui endommagent leurs cultures constituent aussi une autre forme de pollution très dangereuse pour le Lac Tanganyika, car ils sont charriés au moment des pluies dans le Lac Tanganyika à partir de la rivière Rugumba et détruisent année après année et petit à petit le biotope du Lac.
• Sans être prophète des malheurs, nous prédisons que si les pluies sont abondantes cette année, cela revient à dire que les quelques infrastructures qui ont échappé aux inondations des années écoulées risquent d’être emportées. Si les mesures robustes ne sont pas prises par l’autorité pour arrêter cette destruction.
Visiblement, le lac Tanganyika se trouve, surtout le côté congolais, dans une situation dégradée, il est en train de mourir à petit feu, la pêche et le métier de pêcheur restent incertains dans le Tanganyika, les années à venir nous en dirons plus.
Signes d’espoir et appel à l’action
• Le Slow Food Tanganyika, le WFFP et l’académie paysanne de pêche du Tanganyika, 3 organisations qui se battent au quotidien la main dans la main pour la défense et la promotion de la pêche en République Démocratique du Congo et dans la Province du Tanganyika en particulier, observent depuis quelques mois la réapparition des certaines espèces de poissons qui avaient disparu dans les filets des pêcheurs et sur les étalages des mareyeuses. Cette espèce appelée localement KAMBANYOKA avait disparu depuis des d’années, elle réapparait en faible quantité, mais cela doit interpeler la curiosité des scientifiques pour se saisir de la question, mener des recherches pour en savoir un peu plus sur ce phénomène. Les conclusions des scientifiques peuvent aider le gouvernement provincial et même national de mettre en place une politique pour la protection de cette espèce. Le gouvernement provincial, le bureau local de la FAO, l’université de Kalemie et toute la crème scientifique de la province ont du pain sur la planche set le plutôt serait le mieux.
• Le comportement incivique des habitants de Kalemie doit être découragé à partir d’une éducation civique de masse, une sensibilisation quotidienne sur le changement de comportement des habitants de la Ville, la prise de sanctions à l’encontre des récalcitrants, et la mise en place d’un bon plan concerté d’assainissement de la Ville de Kalemie.
KAPALAY KABEMBA Jean Pierre, Kalemie / RDC
Collectif Pêche et Développement
Pêcher pour vivre