Pêcher pour vivre et se nourrir à Sulawesi (Indonésie) Photos de Jacques Cherel

, par  CHEREL, Jacques

Dans tout l’archipel de l’Indonésie, le poisson constitue, avec le riz, la base du régime alimentaire, souvent séché, fumé ou même réduit en pâte.

On trouve aussi d’excellents poissons frais, dans les marchés et dans les restaurants.

L’Indonésie est le 4ème producteur au monde de produits halieutiques. Le pays tente de faire respecter ses zones de pêches en procédant de temps à autre à la destruction de bateaux étrangers non autorisés à y pêcher. Mais aujourd’hui le potentiel maritime et halieutique de ce pays aux 17 000 îles est convoité par des groupes financiers internationaux, qui visent à implanter des bases touristiques, des centres d’aquaculture.

Si certains groupes avec le concours d’ONG tentent d’obtenir de l’Etat des zones marines protégées, c’est pour mieux éliminer les populations de pêcheurs et installer leurs infrastructures. Or les activités traditionnelles liées à la mer font vivre une partie importante de la population. Pêche côtière, culture et récolte des algues, sel, construction navale…constituent une économie littorale aujourd’hui en pleine vitalité.

Elles reposent sur un long passé qui a fait de cet archipel, une voie de communications et d’échanges entre des peuples locaux (Malais, Makassar, Bugis, Mandar, Badjos…) mais aussi du monde (chinois, arabes, européens). L’importance et la qualité de la construction navale témoignent de l’existence d’une véritable civilisation des peuples de la mer. Dans les années 70, la flotte de milliers de pinisi, bateaux en bois, passait pour une des plus importantes du monde. Si une partie des chantiers s’est depuis installée à Bornéo, faute de ressources suffisantes en bois, elle est encore très dynamique dans la baie de Bira.

Dans le contexte de la mondialisation et de la mainmise des groupes financiers sur les ressources de la mer, les activités traditionnelles sont mises en danger par l’appropriation des ressources et des espaces maritimes.
Ces quelques photos veulent témoigner d’une activité maritime locale qui veut vivre.
Jacques Chérel

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