Vu d’Afrique : bilan 2025 pour les organisations de pêcheurs

, par  KAPALAY KABEMBA Jean-Pierre

L’année 2025 est derrière nous, elle appartient désormais au passé, nos regards se tournent vers le futur. 2025 fut marquée par des nombreux évènements parfois favorables, parfois défavorables pour les pêcheurs.

Plage de débarquement à Kalemie

Nous avons été témoins d’une forte mobilisation des pêcheurs à travers tous les continents. Des réunions nationales, des célébrations de différentes journées nationales et internationales de pêche, des forums continentaux en Afrique, en Asie – Pacifique, en Europe, ont été organisés, signes d’expression d’une vitalité avérée des différentes organisations des pêcheurs mais aussi un témoigne d’une solidarité idéologique de plus en plus ressentie entre les pêcheurs.
De notre côté, nous avons voulu garder une pensée pieuse envers tous les camarades pêcheurs du monde entier qui ont perdu la vie alors qu’ils étaient sur les eaux profondes à la recherche de quoi manger pour rendre la vie agréable à leurs semblables et également à tous les pionniers défenseurs des droits de pêcheurs nous citons : André Le Berre (France) et BUDI du WFFP. Vous resterez long temps dans la mémoire collective des pêcheurs et des consommateurs de cet aliment précieux qu’est le poisson.

Poissons salés sur le marché de Kalemie

L’UNITÉ DES PÊCHEURS

L’histoire du monde nous enseigne que plus les gens se mettent ensemble, plus ils deviennent forts, plus ils se feront respecter et leur plaidoyer devient aussi plus fort.
La création des coopératives de pêche, des unions et faitières de pêcheurs, des organisations nationales, sous régionales, continentales et mondiales sont des preuves de cette volonté ferme, commune affichée par les pêcheurs à travers le monde de se mettre ensemble, de constituer un groupe fort, bien que les résultats restent encore précaires à ce jour, cette unité existe déjà au plus haut niveau ; la reconnaissance par les Nations-unies de la Journée Internationale des Pêcheurs, la reconnaissance des journées nationales des pêcheurs par des différents Etats sont les quelques symbole de l’unité des pêcheurs à travers le monde. Les grandes organisations des pêcheurs à travers le monde le WFFP, le WFF, le Slow-Food International favorisent chacune à sa manière cette unité des pêcheurs du monde entier à travers les réunions, les congrès, les ateliers etc… qui aboutissent par des déclarations politiques de grande envergure. Enfin, différentes célébrations comme le Festival de films des pêcheurs de Lorient en France, le festival de films des pêcheurs de grands lacs africains (en chantier) et tout récemment la rencontre des membres de WFFP/Afrique à Dakar en Novembre 2025 inaugurent une nouvelle ère dans cette cohésion/unité des pêcheurs au niveau de l’Afrique et du Monde.
Tous ces acquis sont louables et c’est déjà un bon départ. Notre plaidoyer se situe au niveau de la mise en place d’une lutte concertée par tous les pêcheurs afin de faire entendre leur voix comme le font les agriculteurs européens. Les pêcheurs africains doivent restés vigilants car le continent africain demeure à ce jour le plus exposé à toutes sortes de menaces des puissances étrangères (la Chine en tête). Donc plus que jamais les pêcheurs africains doivent unifier leurs efforts, unir les ressources, les moyens, créer une cohérence de pensée, faire preuve de courage moral, mettre fin à cette défense passive afin de barrer la route à tous les bradeurs de leurs eaux et surtout concevoir un schéma clair de coordination de leurs actions. Cette logique doit animer tous les pêcheurs du monde à comprendre que les pêcheurs doivent se considérer comme un seul corps et dès qu’un des membres est touché le reste du corps souffre avec lui. Si les eaux (lacs, mers, océans, fleuves, rivières etc …) restent fragilisées, ils deviendront un terrain de jeux des grandes puissances.

Le port public de Kalemie

La faible application des Directives sur la pêche artisanale, la précarité de la vie des nombreux pêcheurs africains, la faiblesse démocratique de nos pays qui ne favorisent pas une expression facile des revendications des pêcheurs, les statistiques de pêche peu fiables, l’absence d’une politique de pêche et d’autres facteurs ne font qu’aggraver la ruine de ce métier.

NOTE D’ESPOIR POUR LA PÊCHE
La présence des délégués de haut-rang à la COP 30 des grandes organisations de défense des droits des pêcheurs et de l’environnement comme le WFFP, la Via Campesina etc… est perçue comme un signe d’espoir et de réconfort pour les pêcheurs.
A travers ces délégués, tous les pêcheurs ont exprimé leurs désidératas, ont été entendus par les décideurs politiques et un engagement politique ferme a été obtenu au sommet. Les pêcheurs doivent maintenir ce cap pousser très fort sans désemparer, aller jusqu’au bout afin d’obtenir gain de cause. Le soutien de tous ceux qui œuvrent dans ce secteur, du pêcheur, à la mareyeuse jusqu’au consommateur final, s’avère indispensable.

KAPALAY Jean Pierre

Navigation