Elle est le Chef-Lieu de la Province qui porte le même nom. La ville de Kalémie dispose d’un aéroport moderne capable de recevoir de gros porteurs, d’une gare qui relie la Province par la voie ferrée avec d’autres provinces comme le Maniema, le Kasaï-central, le Kasaï-Oriental, le Haut-Katanga et le Haut-Lomami, mais également d’un port (port de Kalemie, l’un des plus importants de la République) qui donne vers la Tanzanie, le Burundi et la Zambie et enfin la voie de surface qui connecte la Province à la Province voisine du Sud-Kivu, du Maniema, les deux ex-provinces du Kasaï, le Haut-Katanga et le Haut-Lomami.
L’abondance passée
La Ville de Kalémie était connue à travers le pays, la sous-région et même le monde par son activité florissante de la pêche dans le lac Tanganyika et surtout par ces deux espèces emblématiques : NDAKALA et MIKEBUKA.
La pêche qui était essentiellement artisanale offrait aux consommateurs les quantités voulues pour son alimentation, le surplus servant à l’exportation à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Le pêcheur artisan n’enviait rien d’un fonctionnaire de l’Etat car il était capable de vivre sa vie à partir des revenus qui provenait de la pêche.
Cette dynamique a été renforcée par la pêche semi-industrielle initiée quelques années après l’indépendance par les Grecs. La pêche contribuait à la hauteur d’environ 20 à 25% au budget de la ville. Les producteurs, et les consommateurs et tous ceux qui travaillaient dans cette chaine des valeurs gagnait sa part et il faisait bon vivre à Kalémie.
Mais aujourd’hui la pêche artisanale est restée l’ombre d’elle-même dans le Lac Tanganyika, elle s’est effondrée jusqu’à son plus bas niveau et seul un plan bien conçu au niveau de la province peut à nouveau redonner espoir à ce secteur. Malgré le nombre élevé des pêcheurs récents et clandestins du Lac Tanganyika (environ 40.000 pêcheurs) la production halieutique se dégrade jour après jour, l’offre des produits halieutiques aux consommateurs reste toujours inférieure à la demande avec toutes les conséquences qui vont avec.
Guerre écologique engagée contre la pollution plastique
Alors que d’un côté l’effondrement de la pêche dans le lac Tanganyika, en province du Tanganyika / Ville de Kalémie s’accélère à un rythme inquiétant, un effondrement attribué à plusieurs facteurs déjà évoqués dans nos articles précédents, et dont la pollution des objets en plastique fait partie, de l’autre côté les initiatives locales pour lutter contre la pollution des eaux du lacs Tanganyika par les objets en plastique se mettent en place. Le phénomène de pollution des eaux du Lac Tanganyika avance à pas de géant, il est causé principalement par le développement rapide des villes et cités modernes le long du Lac. Les consommateurs préfèrent boire une eau pure en bouteille plastique, consommer des aliments marqués TAKE AWAYS etc. alors que les mesures d’assainissement conséquentes de la ville ne suivent pas. Des objets en plastique jonchent les chaussées, caniveaux et le bord du Lac Tanganyika.
Dans cette foulée, une organisation de la société civile de Kalémie composée des volontaires mène depuis quelques mois une lutte sans merci pour assainir tant soit peu les belles plages de Kalémie et diminuer l’impact nocif de cette pollution dans les eaux du Lac Tanganyika. Ces vaillants défenseurs de l’environnement ramassent les bouteilles en plastique qui encombrent les rues de la ville de Kalémie pour fabriquer des poubelles publiques.
L’acte est perçu comme dérisoire aux yeux d’une certaine opinion mais il est d’une importance capitale pour la protection des eaux et produits halieutiques du Lac Tanganyika, l’assainissement de la ville et des plages de Kalémie mais aussi la défense de la Biodiversité.
Le Slow Food Tanganyika encourage vivement le gouvernement provincial du Tanganyika qui se distingue de manière remarquable ces derniers mois par la construction d’infrastructures, à se saisir de ce projet et faire de cette initiative un des piliers majeurs dans la lutte contre la pollution des eaux du Lac Tanganyika par les objets plastiques et pour l’assainissement de la Ville. Cette expérience a produit des bons résultats au Nord et Sud-Kivu et dans une moindre mesure à Kinshasa et à Lumumbashi.
La construction des infrastructures et la lutte contre l’insécurité sur le lac
Deux ans après son élection à la tête de la Province du Tanganyika, le gouverneur du Tanganyika est sur plusieurs fronts, le front de la réhabilitation et de la construction des nouvelles infrastructures intéresse le Slow Food au plus haut niveau vu son impact sur la vie des populations en général et celle du paysan pêcheur en particulier, la salubrité de la Ville et la protection de la biodiversité du Lac Tanganyika.
La construction de la muraille longue d’environ 500m et de 4m de hauteur le long de la rivière Kalémie a permis de sauver des nombreux bureaux de la SNCC, service de l’hygiène à la frontière, la RVF, le Port de Kalémie qui était déjà menacé d’être englouti par des tonnes de boues drainées par les eaux de pluies suite aux constructions anarchiques sur les montagnes qui surplombent la ville de Kalémie, et surtout le grand marché des poissons de KAUKA. La réhabilitation de la chaussée de BAKITA, abandonnée depuis plus de 40 ans, et le collecteur d’eau du quartier KALUMBI sont autant des signes d’une volonté réelle affichée par le Gouverneur de la Province afin de redonner l’image d’antan de « Kalémie la coquette » et bien entendu d’épargner au Lac Tanganyika les nombreux méfaits des plusieurs pollutions.
Il y a quelques jours 4 bandits armés ont été arrêtés par nos forces de l’ordre à Moba. Ces malfrats étaient connus pour leur vol des filets, moteurs hors-bord des pêcheurs artisans dans cette contrée. avec ce coup de filet de la police, le Lac Tanganyika retrouve son statut d’oasis de paix où les pêcheurs artisans peuvent exercer leur travail en toute quiétude. Coup de chapeau au gouverneur de la province, Son Excellence KITUNGWA pour toutes ces actions et aux forces de Police. L’insécurité dans le Lac Tanganyika aura des effets néfastes sur la sécurité alimentaire des consommateurs déjà précaires.
Appel à la conscience collective
Le Slow Food Tanganyika avec son partenaire, l’Académie Paysanne de la Pêche, appellent les habitants au respect de ces infrastructures car elles sont construites pour servir les générations présentes et futures. Un usage responsable de tout ce qui est objet en plastique sauvera la vie des espèces halieutiques du Lac Tanganyika.
Un homme averti en vaut deux.
KAPALAY Jean Pierre
Kalemie-R.D.Congo
Collectif Pêche et Développement
Pêcher pour vivre


