Burundi : lutter contre la pollution, la pêche illégale et promouvoir la santé et l’hygiène Fédération des pêcheurs et des fournisseurs de poisson au Burundi, membre du WFF

, par  FPFPB

I. INTRODUCTION
La fédération FPFPB est une Fédération sans but lucratif regroupant 45.000 personnes représentées dans des communautés des pêches dont 32 comités de pêcheurs et 8 associations des mareyeuses, transformateurs et vendeurs des poissons. Les représentants de ces comités et associations font ensemble 1262 personnes dont 731 hommes et 531 femmes
La fédération des pêcheurs FPFPB existe depuis 2005 avec 4 missions :
1. Suivi, Contrôle et Surveillance des pêches,
2. Hygiène et protection de l’environnement,
3. Encadrement des pêcheurs et Résolution pacifique des conflits,
4. La promotion de la santé sexuelle des pêcheurs et la lutte contre le VIH/SIDA dans les communautés des pêcheurs.
Aujourd’hui il existe 19 sites de débarquement du poisson ou ports de pêche légalement reconnus sur le littorale du lac Tanganyika et 13 comités des pêcheurs œuvrant leurs activités dans les lacs du Nord (Kirundo et Muyinga) ; et sur chaque site un comité chargé de la gestion des pêches a été mise en place.

II. ACTIVITES REALISEES

2.1. Suivi, contrôle et surveillance des pêches}

La lutte contre La pêche illicite

Plus de 32 186 engins illégaux de pêche dont les sennes de plages, les filets maillants encerclants, les filets maillants mono filament (Kamusipi) et les moustiquaires ont été saisis et détruits dans des grandes opérations de rafle et patrouilles.

La surveillance des pêches est une activité risquée et qui coûte cher à la fédération parce que ça demande beaucoup de moyens pour sa mise en œuvre et un effort inégalé. Il faut voir les gens insuffisamment couverts qui passent toute une semaine sur l’eau sans la moindre protection contre les moustiques, ni contre la pluie et le froid ; parfois même dans des endroits hostiles et inaccessibles pour le ravitaillement.

Activités de lutte contre les bandits pirates sur le lac Tanganyika

Malgré les efforts fournis par la marine burundaise et les comités des pêcheurs, le problème des bandits pirates reste toujours un fléau dans le lac Tanganyika. Des actes de vol et risque de perte des vies humaines par le kidnapping des pêcheurs en échange pour l’argent persistent dans le lac. Durant cette année 2014, 26 moteurs hors-bord, 109 téléphones portables, 3.187L d’essences, 1.100.000Fbu, 540 USD$, 54 lampes projecteurs, 12 batteries, 2 réservoirs et 9 transmissions, 6 bateaux de pêche y compris plusieurs autres objets de pêche ont été volés ; tandis que 26 pêcheurs ont été kidnappés alors que 2 d’entre eux ont été poignardés.

Certains soldats Congolais (les agents de la Force navale de Baraka et Mizimu-RDC) viennent souvent rançonner le carburant, les poissons et volent des moteurs.

Activités liés au respect de l’arrêt obligatoire de pêche

Le calendrier de pêche qui a est élaboré au début de l’année dans une réunion qui regroupe tous les représentants des comités de pêcheurs de toutes les plages, est bien respecté et suivi uniformément par tous les concernés. Comme incombe dans nos responsabilités et nos activités annuelles, la surveillance de la période d’arrêt obligatoire de pêche est bien menée par nos comités des pêcheurs, en bonne collaboration avec la fédération des pêcheurs.
Cependant le respect du calendrier de pêche a été perturbé par l’initiative récente proposé par le projet LATAFIMA de fermer le lac Tanganyika pendant trois mois chaque année afin de reconstituer la population de poissons en déclin. Ce projet qui a suscité́ de nombreuses critiques en raison de sa précipitation et du manque d’activités alternatives génératrices de revenus pour les pêcheurs, les vendeurs de poisson et leurs familles n’a pas été abouti en cette année 2023.
Cependant les pêcheurs voient d’autres solutions au lieu de fermer le lac pendant trois mois comme la fermeture d’une partie du lac, le respect des mesures de pêches (Normes des engins de pêche, taille des poissons à pêcher et le contrôle de l’effort de pêche).

2.2. Rentabilisation des infrastructures mis à la disposition de la FPFPB

Activités liées à la rentabilisation du débarcadère de Rutumo

Sous le financement de l’Ambassade de Pays-Bas au Burundi, l’ONG SPARK en étroite collaboration avec la Fédération des Pêcheurs et Fournisseurs du Poisson au Burundi (FPFPB, Gestionnaire-Bénéficiaire), a rénové et équipé le Centre de Conditionnement et Traitement du Poisson de Rutumo afin que les entrepreneurs et acteurs du secteur de la pêche puissent bien mener leurs activités de conditionnement, traitement, stockage adéquat, fumage, séchage, transport approprié et chargement de batteries (avec des panneaux solaires), afin de booster la chaîne de valeur pêche, le secteur privé et ainsi contribuer à la création d’emplois et au développement de l’économie locale.
Le centre est équipé de deux chambres froides capables de stocker 8 tonnes.
Une machine à glace pouvant produire 265 kg/ jour a été installée
Des claies de séchage et de fumage du poisson ont été installées
Suite au renforcement intensif des capacités et au coaching, la Fédération du poisson s’est montrée capable de gérer le Centre sans soutien extérieur (seuil de rentabilité). Depuis juin 2023, le centre de pêche génère suffisamment de revenus pour financer ses frais de fonctionnement sous la coordination de la Fédération des pêcheurs, de sorte qu’aucune subvention de la part du bailleur ou de tout autre donateur n’est nécessaire.

2.3 Protection de l’environnement et de la biodiversité du lac Tanganyika

Construction de 5 blocs des latrines Ecosan sur les ports de pêche

Dans le cadre de la lutte contre la pollution du lac par les rejets d’excréments humains sur les ports de pêche, sous le plaidoyer de la fédération des pêcheurs, sur le financement de l’UNESCO, de l’Ambassade de la République Fédérale d’Allemagne, 5 blocs de latrines écologiques de 4 portes chacun ont été construites sur les ports de pêche de Kagongo, Kajaga, Kabonga, Mvugo et Rumonge.

La lutte et la sensibilisation contre les plantes envahissantes telles que JACINTHE D’EAU ET AZOLA

Les femmes participent activement dans la protection de l’environnement. Plusieurs activités liées à la destruction de la jacinthe d’eau au niveau des plages ont été organisées par la fédération.

2.4 Santé sexuelle et lutte contre le VIH-SIDA, la Maladie à virus Ebola et le Covid 19 en milieu de pêche.

Mise en place d’une politique de lutte contre le VIH/SIDA sur les lieux de pêche du littoral du lac Tanganyika, élaboré grâce au soutien de l’ACCORD-Burundi et le poste de soins des pêcheurs
Plus de 26456 pêcheurs et mareyeuses ont bénéficié de séances de sensibilisation
16 342 personnes ont bénéficié des soins et services offerts par le poste de soins de Rumonge.

La lutte contre EBOLA et COVID-19

Des activités de sensibilisation sur la lutte contre le fléau de la MALADIE A VIRUS EBOLA et le Covid-19 ont été menées sur tous les ports de pêche.
Dans le même objectif de lutter contre la Maladie a virus Ebola des bornes fontaines ont été construites au 4 ports de pêche de Kabonga, Rumonge, Mvugo et Magara.

2.5 Résolution pacifique des conflits

La Fédération des Pêcheurs et Fournisseurs du Poisson au Burundi joue aussi un grand rôle dans la résolution pacifique des conflits entre ses membres pêcheurs.
Selon notre bonne organisation, les conflits dans les communautés des pêcheurs sont résolus pacifiquement par les comités des plages élus démocratiquement et suivi de près par la fédération des pêcheurs.

2.6 Plaidoyer pour l’affiliation des pêcheurs à l’INSS et d’autres associations de sécurité sociale

Des actions de sensibilisation des pêcheurs à s’affilier à l’INSS et dans des organisations de sécurité sociale ont été entreprises cette année 2014.

III. CONTRAINTES

Deux grandes contraintes majeures à la réalisation de nos activités :

3.1 La non application des directives sur la pêche artisanale (Directives SSF) : Exemples de la non-respect des directives SSF :

➢ La non mise en œuvre des directives SSF : L’administration locale et centrale ne sont pas sensibilisées sur la cogestion et la gestion des infrastructures communautaires/spoliation ou la conversion des domaines domaniaux de pêcheurs en d’autres usages (Cas des ports de pêche de Kabonga, Gifuruzi et Mvugo de la commune Nyanza-lac) ;
➢ Les communautés des pêcheurs et leurs domaines matrimoniaux ne sont pas respectés : l’administration locale qui se mêle dans les affaires des comités des pêcheurs avec des mesures injustes
➢ Non application de la loi sur la pêche (Absence des textes d’applications) ; ➢ Persistance de la pêche illégale due au non-respect de la loi ;
➢ Absence des licences de pêches
➢ Insuffisance des ressources financières allouées à la cogestion des ressources.

3.2 Le changement climatique

La montée des eaux du lac Tanganyika conduit à la destruction des infrastructures et équipements installés le long du lac, et la perte de la biodiversité du lac.

IV. PERSPECTIVES D’AVENIR

La Fédération des Pêcheurs et Fournisseurs de Poissons au Burundi prévoit de réaliser plusieurs activités :

4.1 Surveillance des pêches

• Eradiquer à 100% la pêche illicite dans le lac Tanganyika cote Burundaise
• Conduire des tournées de sensibilisation dans toutes les communautés des pêcheurs
et même dans les pays riverains du lac Tanganyika sur les pratiques durables dans
l’utilisation des ressources halieutiques
• Eradiquer à 100% le problème de banditisme dans le milieu de pêche
• La sensibilisation et le plaidoyer auprès de toutes les parties prenantes pour
l’implication totale dans la cogestion du lac Tanganyika.
• Participer à l’identification et délimitation des zones de frayères et leur surveillance
• Sauvegarder les zones tampons sur le littoral du Lac Tanganyika

4.2 L’hygiène et protection de l’environnement du lac Tanganyika

• Démantèlement pilote des engins de pêche fantômes
• Construction des toilettes sur les sites de débarquement qui n’en ont pas
• Installation des bornes fontaines sur sites de débarquement
• Mise en place des poubelles sur les ports de pêche et d’une évacuation des déchets

4.3 Promotion des activités alternatives génératrices des revenus pour les pêcheurs

• Mise en place d’un point de vente des matériels de pêche adéquats et des pièces de rechange : (caisses isothermes, ...)
• Création d’autres emplois par la mise en place d’un centre de traitement des produits de la pêche (production des filets des poissons, saucissons, boulettes, Sardines, de ndagala, sangala, kuhe, Mukeke,), production de la farine de poisson (Rentabilisation du débarcadère de Rutumo) etc.
• Mise en place des groupes électrogènes et des postes de chargement des batteries sur les sites de débarquement
• Mise en place d’un atelier de fabrication, réparation des pirogues, moteurs hors-bord et de filets

4.4 Renforcement des capacités

• Séances de sensibilisation sur les thématiques diverses
• Formation sur les techniques de la gestion administrative et financière pour les membres des comités des plages et associations des jeunes et des femmes.

4.5 La lutte contre le VIH/SIDA en milieu de pêche

• Des sessions de sensibilisation des personnes séropositives à se déclarer librement et à se regrouper dans des associations afin de s’entraider mutuellement.
• Des activités de marketing social des préservatifs et la sensibilisation pour une prise de conscience sur l’utilisation des préservatifs.
• La fédération prévoit également de mettre en place sur tous les ports de pêche, des clubs anti-SIDA.

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