Cher Pierrot, Chère Renée
Après tous ces hommages émouvants qui se sont multipliés depuis ton décès, comment dire tout ce que nous devons à ton engagement, ta gentillesse, ta disponibilité ?
Depuis plusieurs années, des décennies même, tu t’étais engagé auprès du Festival de films Pêcheurs du Monde et du Collectif Pêche et Développement.
Tu aimais ce festival où tu nous as fait tes adieux avec un hymne à la vie inoubliable et tu as eu l’occasion d’y présenter plusieurs films. « On ne peut oublier les images sur grand écran, de cet univers voilé, rempli de formes mirifiques dignes des meilleurs joaillers » comme l’écrit Elizabeth Tempier. On comprend pourquoi tu as voulu dès le début à Houat, utiliser les images animées et le cinéma comme un outil pédagogique pour toucher notre imaginaire et nous sensibiliser. « Le plancton, dans son infini diversité, il faut le voir vivant, en mouvement pour apprendre à les différencier et capter l’attention. Le film permet de donner les éléments aux spectateurs pour comprendre, sans leur imposer une opinion », écrivais-tu. Toujours le respect de l’autre… Grâce à tes films, tu pourras toujours transmettre ton message pour la défense de la vie en particulier auprès des plus jeunes dont tu savais si bien capter l’attention.
Tu te retrouvais aussi jusqu’à la fin avec les amis du Collectif Pêche et Développement pour témoigner auprès des gens de métier « qu’il faut replacer les hommes et les femmes au centre du débat » sur l’avenir des peuples de l’océan, le peuple de l’infiniment petit et celui des producteurs du pain de vie, le pain de la mer de ton grand-père ou le pain de la terre que l’on célèbre ici. Quand tu étais enfant, sur le port de Locmalo, tu rêvais d’être pêcheur et tu l’as toujours été, pêcheur de plancton et respectueux du travail des hommes de la terre et de la mer que tu aidais à progresser. Tu savais tisser des liens entre pêcheurs, paysans et conchyliculteurs, entre scientifiques et pêcheurs. Tu tenais particulièrement à ce qu’on reconnaisse les savoirs des pêcheurs qui étaient les premiers à t’alerter sur les dysfonctionnements du milieu autour de Houat et ailleurs. C’est pour en témoigner que tu nous as proposés, avec l’UITC et d’autres, de créer le prix « Maestro des savoirs vivants » attribué chaque année à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Océan. Ce fut ta dernière proposition cette année. Mais le premier des maestros c’est bien toi qui a profondément transformé notre regard sur l’océan et sa crise en étant l’un des premiers lanceurs d’alerte.
Merci Pierrot, « Nous vivrons de la mer si, demain, nous savons protéger le vivant de la terre » écrivais-tu. A nous de mettre oeuvre ce message
Merci aussi Renée. Avec ton accompagnement et celui de ta famille tu as pu décupler l’efficacité de son apostolat.
Alain Le Sann
28 avril 2026 à Pont L’abbé
Collectif Pêche et Développement
Pêcher pour vivre