“L’acidification des océans : Quels effets ? Quelles solutions ?” Résumé du livre de Fabrice Pernet et Frédéric Gazeau.

, par  LONGEVILLE, Lilou

Dans la crise climatique que nos sociétés traversent, les médias se concentrent principalement sur le réchauffement climatique et la dégradation de la qualité de l’air. Il existe néanmoins un autre problème lié au CO2 : l’acidification de l’océans.

La baisse du pH

En effet, notre allié de taille dans la lutte contre les impacts du CO2 souffre silencieusement. La capture de près d’un quart de nos émissions de dioxyde de carbone entraîne un dérèglement chimique, s’exprimant par une acidification de l’eau de mer.
Une fois dans l’eau, ce gaz se dilue, et échange des atomes avec des molécules d’eau, créant des molécules d’acide carbonique, augmentant donc la concentration d’ions hydrogène, faisant diminuer le potentiel hydrogène de l’eau, plus communément appelé pH de l’eau.
Le pH est une échelle qui permet de mesurer si un élément est basique (entre 14 et 8 de pH), neutre (7 de pH) ou acide (entre 6 et 0 de pH).

Ainsi, l’eau de mer, avec un pH approximativement égal à 8.05 , est considérée comme basique. Mais après plusieurs années d’études et d’observation, les chercheurs ont déterminé que le pH de l’océan a baissé de 0.1 unité par rapport à l’ère préindustrielle (environ 8.16 de pH pré-industrialisation). Même si ce chiffre semble faible, les impacts qui en découlent sont importants, et continuerons à s’amplifier plus l’océan absorbe de CO2.

Menaces sur les coquillages

Effectivement, bien que l’océan ne soit pas devenu aussi acide qu’un citron, il s’est suffisamment acidifié pour impacter les animaux marins utilisant le calcaire pour confectionner leur squelette ou leur coquille, comme les moules, les huîtres les oursins, et certains phytoplanctons, puisque la concentration d’ions carbonate, élément essentiel de la composition du calcaire, dans l’eau est réduite. Dans des cas plus extrêmes, le milieu est si acide qu’il peut dissoudre les corps calcaires des animaux et entraîne des malformations et un taux de mortalité plus élevé que la moyenne à l’état larvaire.

Ce sont ces effets qui menacent réellement l’écosystème marin, car c’est le plancton qui est principalement touché, alors qu’il représente la base de la chaîne trophique. Ainsi l’acidification ne menace pas seulement la faune marine : elle touche aussi directement nos ressources alimentaires et notre économie. La conchyliculture est par exemple fortement exposée. Des entreprises ostréicoles américaines ont déjà pu constater des échecs massif de reproduction liés à l’acidification.
Plus largement, la pêche, le tourisme, la santé et les régions dépendantes de la mer subiront de graves conséquences.

Quelles solutions ?

Il est donc incontestable que l’acidific2ation des océans est une problématique urgente à traiter. D’autant plus que selon les différents scénarios scientifiques, la baisse du pH est inévitable, et que l’objectif aujourd’hui est de limiter ce phénomène au maximum.
La seule vraie solution à long terme est de réduire nos émissions de CO2. Sans cette étape, aucune autre mesure ne pourra suffire. En parallèle, des chercheurs explorent plusieurs pistes complémentaires. Comme la végétalisation des océans, avec des cultures de macro-algues pouvant absorber localement du CO2 et donc limiter localement l’acidification.
Une des autres solutions serait d’introduire massivement des minéraux dans les océans pour augmenter l’alcalinité des eaux, néanmoins cela demande une technique et des infrastructures très importantes, pour des effets très incertains.
Enfin, il est nécessaire d’augmenter la recherche sur ce phénomène.
Effectivement l’acidification est longtemps restée cachée dans l’ombre du réchauffement climatique. Il aura fallu attendre 2004 pour voir le premier symposium sur l’océan dans un monde riche en CO2, rassemblant à Paris des scientifiques de toutes nationalités pour discuter de la problématique de la baisse du pH dans l’océan. Puis 2007, pour que le terme “acidification des océans” soit cité dans une publication scientifique, le quatrième rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).

L’acidification de l’océan est un phénomène réel, mesurable et qui s’accélère. Ses effets sur la biodiversité marine, sur la pêche et sur l’aquaculture sont déjà visibles. Pourtant, cela reste l’un des sujets environnementaux les moins connus du public. Or comprendre ce phénomène, c’est comprendre l’ampleur des impacts de nos émissions de CO2, et donc de la nécessité de les réduire.

Lilou Longeville, étudiant à l’UBS Lorient.
Stagiaire au Collectif Pêche et développement.
Juin 2026

Bibliographie :
Pernet, F., & Gazeau, F. (2024). L’acidification des océans. Éditions Quae.
Film de Sébastien Thiébot : Acide Océan, 26 mn, 2026, prix du court métrage du jury pro au festival Pêcheurs du monde 2026.

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