Les organismes financiers et commerciaux mondiaux favorisent l’agression contre les océans, les rivières et les peuples pêcheurs

, par  WFFP

Le bulletin de Nyéléni, édité par IPC a publié dans son N° 63, ce texte d’un des forums mondiaux des pêcheurs artisans ( Le WFFP) dénonçant la financiarisation des océans et leur privatisation notamment dans le cadre de la politique de conservation dite 30X 30, présentée comme une panacée en particulier à l’occasion de la Journée mondiale de l’Océan du 8 juin.

L’accumulation incessante de richesse par les nations impérialistes ne se contente pas d’exploiter et d’exproprier les terres coutumières historiques, traditionnelles et autochtones des peuples pêcheurs et des communautés côtières. Elle anéantit également leurs droits souverains sur les terres, les eaux et les ressources marines, crée un nettoyage ethnique et détruit violemment leurs modes de vie, leurs identités socio-écologiques et leur appartenance culturelle aux côtes, aux océans, rivières, eaux intérieures, mangroves, îles, mers et tous leurs territoires traditionnels.

L’accaparement des océans et des terres, y compris des ressources de pêche, s’est accéléré à cause des industries extractives (mines, pétrole, gaz) ; de la pêche industrielle destructrice ; des mégaprojets d’infrastructures (voies navigables, parcs éoliens industriels, pipelines, villes intelligentes, réhabilitation, construction portuaire) ; des programmes de conservation financés comme le 30×30 et les OECM (autres mesures efficaces de conservation par zone, « Other Effective Area-Based Conservation Measures » en anglais) ; de la marchandisation et la privatisation de la nature ; et de l’aquaculture industrielle (usines de poissons ou « aliments bleus »).

Des concepts tels que la « croissance bleue », « l’économie bleue » et la « transformation bleue » promettent la durabilité mais accélèrent cet accaparement et constituent du greenwashing. Ces initiatives sont intégrées dans les économies nationales via des programmes de finance bleue, liant les nations à des conditions fiscales qui subordonnent la souveraineté au capital transnational, réduisant même les gouvernements démocratiquement élus à des « États rentiers » qui louent des océans pour le profit des entreprises. Cela contribue à la crise climatique et à la criminalisation des peuples pêcheurs, qui résistent à la marchandisation des océans, de la pêche et des côtes, et militent à tous les niveaux contre de fausses solutions et l’accaparement territorial sous des prétextes frauduleux « verts » ou « bleus ».

L’OMC, le FMI et la Banque mondiale, ainsi que les accords de libre-échange, ont été détournés pour détricoter les politiques nationales qui garantissent la souveraineté des peuples sur les ressources naturelles et les marchés locaux.

Des mouvements tels que le Forum mondial des peuples pêcheurs (WFFP) dénoncent les chantres de ces politiques, y compris les grandes organisations environnementales internationales, la Banque mondiale, les banques régionales de développement et les entreprises ; et appelle à un véritable développement communautaire, fondé sur les droits, façonné par les peuples pêcheurs.

Ils continuent à travailler activement dans des plateformes politiques multilatérales légitimes sur l’alimentation, la pêche, l’agriculture, le climat, la biodiversité et les droits humains afin de défendre leur autonomie politique et leur gouvernance coutumière. Le WFFP et d’autres reconnaissent la FAO, le Comité des pêches (COFI), le Comité des subventions à la pêche (CFS) et le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (CDH) comme les organes appropriés de l’ONU pour la gouvernance mondiale auxquelles des organisations sociales participent activement.

Voir en ligne : https://nyeleni.org/fr/category/les...

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